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Essai sur l’Oeconomie

par Pierre Calame (05-03-2009)
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Prix Limantour 2009, de l’Académie des Sciences Morales et Politiques.

Paru aux Editions Charles Léopold Mayer

Vous pouvez téléchargez les différents chapitres ci-après, ou participer au débat en ligne

La crise financière que nous vivons aujourd’hui est le signe inquiétant de dysfonctionnements structurels forts. Le système actuel de production et d’échanges de biens et de services n’atteint pas, et c’est très visible en ce moment, les objectifs que l’on peut et que l’on doit assigner aux lois qui régissent les sociétés. Il creuse un fossé profond entre des gagnants, minoritaires, et la masse des perdants qui vivent dans le dénuement.

Dans cet ouvrage, Pierre Calame s’intéresse à l’énoncé des règles et à la conception des facteurs qui fondent la production, l’échange et la consommation. Constatant l’impasse du paradigme économique actuel, il démontre que l’économie doit revenir à son sens étymologique « Oïkos », le foyer, la maison commune, et « Nomos », la loi. Revenir à l’oeconomie, c’est avoir une vision économique plus large, qui recouvre à la fois l’art de l’organisation des échanges matériels et immatériels des êtres humains entre eux, des sociétés entre elles et de l’humanité avec la biosphère. Pierre Calame préconise de remettre les prétendues « lois naturelles de l’économie » dans la cité, pour assurer à la société la maîtrise collective et démocratique de son propre destin.

Cet essai comporte 12 chapitres, divisés en deux parties.

La première montre les impasses du modèle de développement et de la pensée économique actuelle, l’ insuffisance des débats en cours, la nécessité, pour comprendre comment on en est arrivé là, de revenir sur l’histoire longue. Elle passe en revue les alternatives en émergence et tente d’évaluer les potentialités de chacune d’ elles. Elle se conclut par le passage de l’économie à l’œconomie et définit le cahier des charges de cette dernière.

La seconde partie, plus longue, est consacrée aux propositions. Elle part de l’idée que l’œconomie est une branche de la gouvernance et que s’y appliquent donc les principes généraux de gouvernance mis en évidence dans les travaux précédents de l’ auteur, notamment « La démocratie en miettes ». Elle analyse les différents types de biens et services et montre que des régimes de gouvernance différents s’appliquent à chacun d’eux. Elle analyse ensuite les conditions de légitimité de l’ œconomie et la manière de réintégrer l’œconomie dans le champ du débat démocratique. Puis elle étudie les deux acteurs pivot de l’œconomie du 21e siècle, le territoire et la filière. Enfin, elle montre comment penser dans des termes nouveaux la monnaie, la finance et l’énergie.