L’« effet multiplicateur » et l’économie locale

Un outil pour mesurer les flux monétaires locaux

Les territoires sont profondément inégaux devant les lois qui gèrent les flux monétaires au sein d’une économie. Ce constat s’applique à toutes les échelles de la vie économique, du local au mondial : on l’entend souvent dans le contexte de la mondialisation financière et des flux de capitaux qui parcourent la planète dans l’espace d’une seconde, mais il vaut également pour l’économie nationale ou régionale. Certaines régions attirent vers elles d’importantes sommes d’investissements, d’autres sont délaissées, chaque euro, livre ou dollar dépensé localement repartant aussitôt vers d’autres territoires. D’où l’intérêt de savoir mesurer ces flux au sein d’une économie, surtout lorsqu’on veut renforcer une économie locale : quelles dépenses locales donnent lieu à d’autres dépenses locales, profitant ainsi à d’autres acteurs locaux, et quelles sont celles qui quittent aussitôt le territoire ?

C’est la question traitée depuis de nombreuses années par la New Economics Foundation, qui a élaboré et promeut un outil pour mesurer l’« effet multiplicateur local » (Local Multiplier). Dans le manuel The Money Trail, à destination des collectivités territoriales et des entreprises, les auteurs présentent la méthodologie et une série d’applications concrètes du « multiplicateur ». Quant à la note méthodologique Local Money Flows, elle calcule l’effet multiplicateur des dépenses et des investissements d’une ferme écologique située en Cornouailles au sud-ouest du Royaume-Uni, la Cusgarne Organic Farm. Le même argument est développé par David Boyle dans le contexte urbain, dans la note, Why London Needs It’s Own Currency.