L’allègement de la dette

Comment résoudre le problème d’endettement des pays en voie de développement

Malgré d’interminables débats et plusieurs campagnes internationales, l’objectif d’allégement de la dette des pays en voie de développement n’avance que lentement depuis 1995, année qui a vu se former une coalition internationale d’acteurs de la société civile dédiés à cette cause. Le poids des remboursements reste écrasant pour nombre de pays pauvres, allant dans certains cas jusqu’à 40 voire 50% des dépenses publiques. La situation est particulièrement difficile pour les pays ne profitant pas du programme d’allégement de la dette du Fond Monétaire International, réservé aux pays les plus pauvres (voir la présentation du programme sur le site du FMI).

Focalisé sur ce sujet, le présent dossier donne la parole aux experts de la New Economics Foundation (NEF), qui critiquent depuis de nombreuses années l’approche dominante auprès des prêteurs et des organisations internationales comme le FMI. Pour ces derniers, seule compte en effet la balance commerciale dans l’évaluation de la capacité d’un pays donné à rembourser la dette : tant que les comptes nationaux affichent des recettes d’exportations, l’Etat doit tenir ses engagements vis-à-vis des prêteurs. Il n’est pas difficile de montrer que cette approche met en péril la capacité de développement des pays : les fonds qui auraient pu être consacrés aux investissements sociaux (éducation, santé…) et à la modernisation du tissu productif quittent aussitôt le pays.

La NEF a développé plusieurs arguments en faveur d’une autre politique de la dette. Le rapport Debt relief as if justice mattered, réintroduit la notion d’usure, c’est-à-dire des dettes qui doivent être considérées comme illégitimes et supprimée. Il s’agit notamment de celles encourues par des régimes non démocratiques et corrompus, où les sommes prêtées n’ont pas profité aux populations mais uniquement aux régimes en place (corruption, financements des appareils d’oppression, enrichissement personnel des dirigeants…). D’après la NEF, dans de nombreux cas il est difficile voire impossible de prétendre que les prêteurs étaient inconscients des destinations des fonds qu’ils accordaient à ce type de régime.

Une autre ligne d’argumentation, ancrée dans la philosophie des droits de l’homme, est développée dans le rapport Debt relief as if people mattered : la dette y considérée comme illégitime lorsqu’elle prive les Etats de moyens pour assurer aux citoyens les droits les plus élémentaires.