Crise financière : La « fair-value », vrai ou faux coupable ?

Nicolas Véron, Olivier Poupart-Lafarge, Gilbert Gélard

par Les Amis de l’École de Paris du management10 avril 2009
Langue : français

Compte-rendu du séminaire co-organisé par l’IRE et l’Ecole de Paris du management du 10 avril 2009. Avec les interventions et participations de Nicolas Véron - Bruegel - d’Olivier Poupart-Lafarge - Ancien directeur général délégué de Bouygues, membre des collèges de l’Autorité des marchés financiers et de l’Autorité des normes comptables- et de Gilbert Gélard - membre du board de l’International Accounting Standards Board (IASB).

Le principe de juste valeur, à la base des les normes comptables américaines et de celles de l’IFRS, est accusé, notamment par des assureurs et des banquiers, d’être un facteur de dérèglement des marchés, voire d’avoir provoqué la crise. En valorisant les actifs financiers au prix de marché, il contraint les investisseurs à afficher, en période de baisse des cour, des pertes comptables pas justifiées par rapport aux fondamentaux économiques. De plus, ceux qui voudraient investir à long terme (assurances notamment) sont dissuadés d’acheter des actions, craignant d’avoir à enregistrer à court terme des pertes comptables. Pour Nicolas Véron, les modes de valorisation alternatifs suggérés aboutissent à une information financière de moindre qualité et présentent de sérieux risques comme le suggère la crise japonaise des années 1990. La comptabilité en « juste valeur » serait pour lui la pire des solutions à l’exception de toutes les autre. L’affaire est sérieuse, il faut en débattre…