La filière, au cœur des modèles économiques inclusifs : le cas de l’agriculture

Rapport préparé pour la FAO et l’UNIDO en vue du sommet agroindustriel de New Delhi, 8-11 avril 2008

par Bill Vorely, Mark Lundy, James MacGregor, novembre 2009
Langue : anglais

Le monde agricole est en évolution rapide partout dans le monde, notamment dans les pays en voie de développement. L’ouverture des marchés et l’évolution technologique ont profité surtout aux grandes exploitations aux dépens des petites propriétés et des fermes familiales, qui résistent mal à une concurrence devenue mondiale. Les bénéfices et les coûts liés à ces mutations sont distribués de façon très inégale : l’agrobusiness prospère dans les économies développées et émergentes mais l’écart de revenu entre le monde rural et les villes s’accroît à l’échelle globale, non sans provoquer de vives tensions politiques et sociales.

Après plusieurs décennies d’une urbanisation rapide et mal générées, de nombreux pays prennent conscience de la capacité limitée des villes d’absorber la main-d’œuvre agricole, et des dégâts causés par une « modernisation » à pas forcé et mal gérée. D’où l’acuité de la question posée dans ce rapport de l’IIED, rédigé pour le compte de la FAO en 2008 : comment préserver la place des petits exploitants dans un secteur en plaine mutation ?

Le rapport rappelle d’abord les arguments en faveur des petites exploitations. Outre le fait de stabiliser les sociétés locales et de réduire les déséquilibres du modèle de développement actuel, un secteur fondé sur les producteurs locaux est plus à même de gérer la volatilité des prix et de l’offre. Or la volatilité des récoltes et des prix est devenue la caractéristique principale des marchés agricoles mondiaux, résultats combinés de la libéralisation des marchés, des exploitations extensives (engrais, pesticides…) et des changements climatiques.

Mais il ne suffit pas d’évoquer les bienfaits sociétaux ou macroéconomiques des petits exploitants : il faut aussi montrer que ces derniers peuvent être économiquement viables. C’est précisément l’objectif de ce rapport qui présente un cadre analytique accompagné d’une série d’exemples concret. Ces modèles, soulignent les auteurs, doivent répondre à deux grands défis : organiser un monde de producteurs dispersés, et assurer la traçabilité et la qualité des produits à travers la filière. Ce qui suppose en travail en réseau capable de : organiser les flux d’information au sein du réseau des partenaires ; différentier les produits offerts par rapport à la concurrence ;établir des structures de collaboration à travers toute la chaîne de production

Ainsi, les petits exploitants peuvent trouver une « compétitivité systémique » face aux majors de l’agrobusiness en créant des alliances et en reliant entre eux tous les acteurs de la filière. Or, ces alliances émergent rarement de façon spontanée ; elles exigent un effort soutenu de la part des acteurs concernés. Sans entrer en profondeur dans cette question, le rapport offre quelques réflexions sur la responsabilité des régulateurs publiques dans ce processus.